Communiqué de l’Union des Ukrainiens de France

L’Union des Ukrainiens de France dénonce la condamnation inique de la “justice” russe à l’encontre du journaliste professionnel ukrainien Roman Sushchenko. Le 4 juin dernier, il lui a été infligé une peine de 12 ans de détention dans un camp en Russie.

En septembre 2016, alors qu’il se rendait à Moscou pour visiter sa famille, il a été arrêté à l’aéroport. Son épouse est restée sans aucune nouvelle, son mari avait disparu. C’est au bout de plusieurs jours qu’une bénévole russe, qui visite régulièrement la sinistre prison de Lefortovo, lui révéla que son époux y était détenu et qu’il était accusé d’espionnage. A ce jour, la “justice” russe n’a divulgué aucune preuve de sa prétendue culpabilité. Nous condamnons sans réserve ce jugement scandaleux et profondément attentatoire aux Droits de l’Homme.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, 65 prisonniers politiques ukrainiens sont illégalement détenus en Russie ou en Crimée occupée.

Outre la libération de Roman Sushchenko, nous réclamons la libération de tous les détenus politiques ukrainiens.

Nous espérons que la France, berceau des Droits de l’Homme et terre de la liberté d’expression, œuvrera au rétablissement de la justice.

Lettre à Emmanuel Macron, Juin 2018

Monsieur le Président de la République,

L’Union des Ukrainiens de France souhaite attirer votre attention sur le cas du journaliste ukrainien Roman Sushchenko qui, le 4 juin dernier, a été condamné à 12 ans de détention dans un camp en Russie.

Roman Sushchenko est journaliste professionnel, accrédité à Paris durant 6 ans par l’agence Ukrinform.

En septembre 2016, alors qu’il se rendait à Moscou pour visiter sa famille, il a été arrêté à l’aéroport. Son épouse est restée sans aucune nouvelle durant quelques jours. C’est une bénévole russe, qui visite régulièrement la prison de Lefortovo, qui lui a appris que son époux y est détenu et qu’il est accusé d’espionnage. En dépit des vives protestations des défenseurs des Droits de l’Homme, aucun compte-rendu d’interrogatoire, d’audience ou de preuve de sa prétendue culpabilité n’ont été divulgués.

Pour les français d’origine ukrainienne, pour la communauté ukrainienne de France mais également pour certaines personnalités du monde politique, artistique et sportif, il est évident que les accusations de Moscou sont infondées et scandaleuses.

En tant que journaliste de l’agence Ukrinform, Roman Sushchenko assistait aux événements politiques, culturels et sportifs. Il était connu et reconnu par la profession et en aucun cas il ne peut être colonel du Renseignement ukrainien ainsi que l’affirme le Kremlin.

Les services ukrainiens ont démenti cette affirmation, précisant que le journaliste n’a jamais travaillé pour eux.

L’Union des Ukrainiens de France considère que la décision de la justice russe à l’encontre de Roman Sushchenko relève de l’intimidation et est une flagrante violation des Droits de l’Homme.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, 65 prisonniers politiques ukrainiens sont illégalement détenus en Russie ou en Crimée occupée.

Nous croyons que la France, berceau des Droits de l’Homme et terre de la liberté d’expression, sera sensible au sort de Roman Sushchenko.

Nous vous prions, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir user de votre influence auprès de M. Poutine, afin qu’il libère le journaliste Roman Sushchenko ainsi que tous les prisonniers politiques ukrainiens.

Nous espérons que le gouvernement français œuvrera au rétablissement de la justice en négociant avec la Russie en tant que membre du « format Normandie ».

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute et respectueuse considération.

Bogdan BILOT, Président de l’Union des Ukrainiens de France