« Le Conseil de l’Europe perd la confiance des peuples qu’il défend » – Sept délégations quittent la session de L’APCE

Après le vote d’un texte par l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, permettant le retour de la Russie au sein de l’institution après cinq ans de sanctions suite à l’annexion de la Crimée, sept délégations ont décidé de quitter l’APCE.

En signe de protestation et en soutien à la délégation ukrainienne, ce mercredi 26 juin, les délégations de la Pologne, de la Lituanie, de Lettonie, de la Slovaquie, de l’Estonie et de la Géorgie, ont quitté la session de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe.

Dans leur communiqué commun, les protestataires indiquent que la Russie n’a respecté aucune des conditions de l’APCE et s’alarment de cette décision contraire aux valeurs que l’institution est censée protéger.

« Le rétablissement inconditionnel des droits de la délégation russe sans que la Fédération de Russie honore les nombreuses demandes de l’Assemblée, va à l’encontre des valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe et de son Statut. Cette mesure envoie un très mauvais signal à un pays qui a eu recours à l’agression militaire, l’empoisonnement des personnes, la violation des droits de ses citoyens et ne favorise pas, mais cherche à déstabiliser les démocraties dans toute l’Europe », – peut-on lire dans la déclaration.

Aujourd’hui, en tant que délégués de nos nations, nous ne pouvons pas donner de réponse à nos citoyens, comment le Conseil de l’Europe pourrait protéger leurs droits si celui-ci est plus intéressé à protéger le bien-être de l’agresseur que les victimes de l’agression et de la répression. L’avenir du Conseil de l’Europe est menacé dans son ensemble car le Conseil de l’Europe perd la confiance des peuples qu’il défend.

Nous rentrons chez nous pour consulter nos parlements et nos gouvernements sur les actions conjointes au sein de l’Assemblée au cours des prochaines sessions.

Nous souhaitons bonne chance au Secrétaire général(e) nouvellement élu(e) et espérons qu’il ou elle, trouvera un moyen de résoudre cette crise de confiance sans précédent qui a été créée cette semaine ».

Rappelons que dans la nuit de lundi à mardi, par 118 voix contre 62, l’Assemblée Parlementaire a rouvert ses portes à la Russie. Une des raisons principales de cette décision est un vide financier créé par le refus de la Russie de payer ses cotisations suite à la suspension de sa participation à l’Assemblée.

Anna Jaillard Chesanovska